YAOUNDE,
28 avril 2001 (AFP) - 13h43 -
Le
remaniement ministériel intervenu vendredi au Cameroun sanctionne
certains ministres cités dans des "affaires"
de corruption ou de querelles intestines, tout en épargnant globalement
le titulaire de Ia Défense, critiqué pour sa politique sécuritaire,
qui quitte ce poste pour Ia Justice. L'ancien ministre de l'Economie
et des Finances, Edouard Akame Mfoumou, semble être Ia principale
victime de ce remaniement opéré par le président Paul
Biya.
Jadis
présenté comme le dauphin du président Biya, ce "baron"
du régime quitte le gouvemement malgré un bilan positif,
marqué par l'embeIlie économique du pays en 2000 et Ia restauration
de bonnes relations avec les institutions financieres
intemationales de Bretton Woods.
Ces
bons résultats n'ont pourtant pas suffi à
redorer une image ternie par les affaires
récurrentes de marchés publics remportés par sonflls dans
des conditions tres critiquées.
Akame
Mfoumou est remplacé par Michel Meva'á
Meboutou, le secrétaire général de
l' Assemblée nationale, et jadis ministre de Ia Justice.
L'ancien
ministre des transports, Joseph Tsanga Abanda, quitte également
le gouvemement, apres avoir été interpellé en mars à
l'assemblée pour le gros marché de renouvellement des plaques d'immatriculation
de voitures confié de façon irréguliere à une seule société.
Au
ministere des Relations extérieures (Affaires
étrangeres), Augustin Kontchou (partant)
est accusé d'avoir entretenu de nombreuses querelles de personnes.
II est remplacé par François-Xavier Goubeyou,
diplomate en poste à Geneve.
Lucy
Ngwanmesia est écartée du Contrôle supérieur
de l'Etat pour avoir été elle
aussi mêlée à des querelles intestines ainsi qu'à
des affaires de marchés fictifs.
C'est
dans cet esprit que le remaniement a été accompagné d'une note circulaire
de Ia présidence invitant Ia nouvelle équipe "à un devoir de
solidarité gouvemementale, à plus de responsabilité et d'efficacité,
et à accorder toujours Ia primauté à l'intérêt général".
En
revanche, le ministre de Ia Défense, Amadou Ali, a été globalement
épargné, malgré l'émotion et les critiques
suscitées par Ies probables exécutions extrajudiciaires
de neufs délinquants présumés par
Ie Commandement opérationnel de Douala au mais de janvier, et l'affaire
de l'incendie de Ia poudriere des armées
de Yaoundé.
Même
s'il quitte le ministere de Ia Défense, Amadou Ali reste au gouvemement
ou il détient désormais Ie poste de Ia Justice
et garde son rang de ministre d'Etat.
Le
président Biya a également profité de ce remaniement, le 25eme en
18 ans de pouvoir, pour consacrer certains fideles de longue date.
Le
secrétaire général de la présidence de la République,
Marafa Hamidou Yaya est élevé au
rang de ministre dlEtat. Originaire de Garoua, ou regnent
de nombreuses intrigues autour de l'héritage du premier
président camerounais Ahrnadou Ahidjo, iI a résisté aux pronostics
défavorabIes de ses détracteurs.
Laurent
Esso, promu ministre d'Etat à Ia Défense, poursuit sa Iongue carriere
ministérielle, apres avoir été tour à tour directeur de cabinet
du président de Ia République, ministre de Ia Justice et ministre
de Ia Santé.
Mais
c'est encore Ie Premier ministre Peter Mafany Musonge qui sort Ie
pIus renforcé de ce remaniement, aIors même que de nombreuses
rumeurs Ie donnaient partant.
Sa
récente tournée poIitique à Ia conquête des popuIations
angIophones de Ia provínce du Nord-Ouest,
acquises à l'opposition, y aurait contribué seIon certains observateurs.
Aux
commandes du gouvernement depuis cinq ans, cet anglophone peut se
targuer d'une Iongévité inédite à ce poste au Cameroun.
Source:
Agence France Presse.